Port Mahon, 20 mai 1756, scénario Close Action par Dominique Mouton

samedi 28 avril 2007 par Nicofig

Le contexte

A l’issue de la guerre de Succession d’Autriche, qui pris fin en 1748, la période de paix qui commence est plus une trêve qu’une véritable fin des hostilités. Les deux grandes puissances, Grande-Bretagne et France, n’attendent que le moment propice pour reprendre le combat avec l’espoir de mettre à terre son adversaire. La guerre larvée se poursuit par l’intermédiaire des colonies d’Amérique et des comptoirs Indiens. Dès 1755, prétextant un refus de saluer le drapeau britannique de la part de 3 vaisseaux français, l’amiral Boscawen les attaqua et en captura deux. La France répliqua par le rappel de son ambassadeur et la Grande-Bretagne saisit l’occasion pour s’emparer de tous les navires de commerce français rencontrés. En prévision de la guerre qui arrivait à grand pas, le secrétaire d’état à la marine, Machaut d’Arnouville prépara l’invasion de l’île de Minorque, stratégiquement de première importance pour les britanniques, grâce au mouillage de Port-Mahon. Il confia cette mission au cardinal duc de Richelieu, la force navale de 12 navires de ligne étant sous le commandement du lieutenant général marquis de La Galissonière. Informés de ces préparatifs, les anglais furent pour une fois loin d’être à la hauteur des enjeux. Tous les navires disponibles en Méditerranée, 13 vaisseaux de ligne, furent confiés à l’amiral John Byng. Cela ne représentait pas une force suffisante pour s’assurer une victoire totale qui mettrait hors de danger pour longtemps la faible garnison de Port-Mahon. La Galissonière débarqua les troupes françaises, puis croisa au large pour protéger les transports. Le 19 mai 1756, les deux escadres se reconnurent, mais manoeuvrèrent dans l’espoir toutes deux de gagner l’avantage du vent. Le 20 mai, vers 14h, les deux flottes s’affrontèrent.

La bataille

Byng avait réussit à prendre l’avantage et décida d’attaquer la flotte française, en ligne, formant avec celle de son adversaire un angle d’environ 30 degrés. Selon son plan, sa ligne devait rencontrer la flotte française dans son milieu, avec le but de la séparer en deux. La Galissonière déjoua ce plan en ordonnant à ses navires de carguer leurs voiles.Dans le même temps les commandants britanniques de l’avant garde, n’ayant pas compris les intentions de l’amiral, forcèrent l’allure pour que les têtes de file se rencontrent. L’avant-garde britannique réussit à faire quitter la ligne à l’avant-garde française, au prix de très lourds dégats. Cependant, à l’arrière, l’Intrepid, sixième de la ligne, perdit le petit mât de hune, le laissant dériver sous le vent. Le reste de la ligne anglaise se trouva bloqué. La Galissonière tenta de s’engouffrer dans la brèche, mais renonçant devant les navires anglais qui revenaient pour l’en empêcher. L’amiral français rejoigna son avant-garde qui s’était déjà éloignée pour reformer la ligne, et les deux flottes se retrouvèrent hors de portée vers 17 heures. Les anglais avait subit de gros dégats, leurs mâtures ayant été grandement endommagées. Byng décida de retourner à Gibraltar, abandonnant Minorque à son sort, qui capitula un mois après.

Les conséquences

Cette unique victoire navale française au cours de la guerre de Sept Ans eu des conséquences tragiques. L’amiral Byng fut condamné pour son manque d’agressivité, n’ayant pas voulu rompre la ligne de bataille malgré l’avarie de l’Intrepid (l’amiral Matthews avait été réprimandé 12 ans plus tôt pour avoir lui, rompu cette sacro-sainte ligne de bataille.) Malgré la recommandation de la cours demandant la grâce au monarque Georges III, l’opinion publique voulait un coupable, et John Byng fut fusillé à l’avant du Monarch. Voltaire rappela que l’Angleterre était un pays “où on fusille de temps en temps un amiral pour donner du courage aux autres.” Cette remarque n’est certainement pas si loin de la réalité, la marine britannique prenant dès lors toutes les dispositions nécessaires pour que pareil défaite n’arrive jamais plus.

Petite histoire

La petite histoire dit que la sauce mayonnaise a été ainsi nommée en souvenir de la prise de Port-Mahon par le duc de Richelieu.

Forces en présence

Les frégates et corvettes ne sont pas indiquées.

Les navires françaisLes navires britanniques
Orphée, 64 Bailli Raimond d’EauxDefiance, 60
Hippopotame, 50 Rochemore la DevèzePortland, 50
Redoutable, 74 Commandeur de Glandevès, chef d’escadreLancaster, 66
Sage, 64 DurevestBuckingham, 68 Rear Admiral of the Red, TempleWest
Guerrier, 74 Villars de LabrosseCaptain, 64
Fier, 50 D’HervilleIntrepid, 64
Foudroyant, 80 Marquis de La Galissonière, lieutenant généralChesterfield, 50
Téméraire, 74 Beaumont-LemaîtrePrincess-Louisa, 60
Content, 64 Sabran-GrammontRevenge, 64
Lion, 64 Marquis de Saint-AgnanTrident, 64
Couronne, 74 La Clue-Sabran, chef d’escadreRamillies, 90 Admiral of the Blue, John Byng
Triton, 64 MercierCulloden, 74
Kingston, 60

Le Deptford de 50 canons, ne prend part au combat qu’à la fin, en prenant la place de l’Intrepid.

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