Un rapport de bataille opposant les Prussiens aux Autrichiens, rédigé par Youenn Michel.

jeudi 26 avril 2007 par Nicofig

Rapport de Bataille ( 19 Février 1757 )

A sa grâcieuse Majesté,

La très catholique Impératrice et Reine Marie-Thérèse de Habsbourg-Lorraine,

Le Freiherr Ernst Gideon von Loudon,

Son serviteur très dévoué

Votre majesté,

J’ai la grande peine et le détestable honneur de vous apprendre que nos armées ont dû à nouveau retraiter face aux forces ennemies. Dans la journée d’hier, le Feldmarschall Lô Von der Garnier et le Feldmarschallieutenant Manu Von Planois ont affronté au cours d’une grande bataille, sur les plaines de cette Silésie si disputée, les corps de Bret Von Zieten et du General Von Tuf, commandés par le roi de Prusse en personne. Mais que votre Majesté ne s’afflige point, car nos troupes ont vaillamment combattu, en parvenant à se maintenir dans le village de Garmisch-Parten-Baden-Kirchen (village très fréquenté en temps de paix par le général von Tuf). Notre retraite n’a été provoquée que par la rupture de nos deux flancs. Il demeure que les réformes menées sur nos forces par votre chancelier Kaunitz, sous votre autorité impériale, ont produit de bons effets, puisque vos fantassins ont solidement tenu le centre. Il conviendrait donc à l’avenir de poursuivre ces réformes dans un sens de revalorisation des troupes de la couronne d’Autriche. Car, malgré tout, l’audace et la discipline des troupes de votre ennemi mortel sont, il faut le reconnaître, proprement remarquables.

Pour rendre compte à votre majesté du courage de ses troupes, il faut que je vous détaille leur composition :

 Les troupes de sa majesté impériale et royale, héritière de la couronne d’Autriche :

*1 général en chef Gn(O) 2 Lô von der Garnier (au centre)

*1 général de corps Gn(O) 2 (aile gauche et centre) **brigade A avec 1 régiment de cuirassiers M2 et 1 régiment de dragons M2

**brigade B avec 2 régiments de dragons M2

**brigade C avec 3 bataillons de ligne M2, 1 batterie d’artillerie moyenne et 1 batterie d’artillerie légère

**brigade D avec 3 bataillons de ligne M2, 2 batteries d’artillerie moyenne

**E, 2 batteries d’artillerie lourde

*1 général de corps Gn(O) 2 Manu von Planois (aile droite)

**brigade F avec 1 régiment de dragons M2 (Althann en blanc) et 1 régiment de dragons M3 (Prince de Ligne en vert)

**brigade G de 2 régiments de hussards M3 (Régiment de l’Empereur en bleu et régiment Esterhazy en bleu et rouge)

**brigade H de 3 bataillons de fusiliers M2 et 1 batterie d’artillerie moyenne

**I, 1 bataillon de Croates en escarmoucheurs

*1 général de corps Gn(I) 1 (von Bitos) (réserve au centre) **brigade J de 3 bataillons de grenadiers M3

**brigade K de 3 bataillons de grenadiers M3 Soit selon le budget « Pro Patria et Gloria » : 1124 points.

J’estime que les troupes prussiennes étaient légèrement moins nombreuses que les nôtres. Selon toute probabilité, nous avons affronté :
 Général en chef Frédéric II Gn(S) 3 (au centre) *Bret von Zieten, général de corps Gn(S) 2 (à droite) **brigade 1 avec 1 régiment de cuirassiers gardes du corps (n°13) M4 et 1 régiment de cuirassiers M2 (n°8)

**brigade 2 avec 1 bataillon de la Garde (n°15) M4 et 1 bataillon M2 (n°5) et 1 batterie moyenne

**Brigade 3 avec 1 régiment de hussards M3 et 1 régiment de dragons M2

**brigade 4 avec 3 bataillons de grenadiers M3

**brigade 5 avec 3 bataillons M2 (n°8 et 22) et 1 batterie moyenne

**6, 1 batterie lourde

*Von Tuf, général de corps Gn(S) 2, aidé par le général von Yannick (à gauche)

**brigade 7 de 3 bataillons M2 (n°5 et 21) et 1 batterie moyenne

**brigade 8 de 3 bataillons M2 (n°17 et 8) et 1 batterie moyenne

**9, 1 batterie lourde

**brigade 10 de 2 régiments de cuirassiers M2 (n°2 et n°11) Soit 1123 points.

La position de départ :

 : Cimetière

 : Colline

 : Forêt

 : Colline escarpée

 : Village.

Les plans :

Le plan des maréchaux autrichiens von der Garnier et von Planois prévoyait, ce me semble, de tenir le centre solidement, d’empêcher l’ennemi de déboucher sur la gauche, et de porter le coup décisif à droite avec les réserves d’infanterie. Comme chaque fois que vos maréchaux affrontent le terrible Frédéric, ils étaient loin d’être confiants et craignaient ouvertement que les Prussiens ne les prennent de vitesse. Je n’ose le répéter à votre Altesse, mais malgré leur supériorité numérique, ils ne faisaient entendre que des plaintes sur les qualités des troupes que vous leur avez confiées pour libérer la Silésie de l’ennemi athée.

D’après mes espions, le camp prussien ne résonnait que de bruits d’offensive et les généraux ne rêvaient que de courir sus à l’ennemi. Le général von Tuf, en bon familier des Biergarten de Garmisch-Parten-Baden-Kirchen, laissait entendre qu’il voulait y boire à la santé du roi le soir de la bataille quand bien même l’ennemi y serait ! Mais nous avons appris, de manière si funeste, que, derrière les cris d’ivrognes (Ein Prosit !, Ein Prosit !!), se cachaient de redoutables qualités tactiques. Il est facile de comprendre que les Prussiens avaient décidé de viser les flancs, quitte à laisser leur centre mou. On ne peut que conclure que le roi de Prusse avait décidé d’appliquer son fameux ordre oblique sur sa droite, tout en refusant sa gauche. Sa Garde constituait le fer de lance, à l’extrême-droite.

Figure 1 : Le village de Garmisch-Parten-Baden-Kirchen, célèbre pour ses brasseries et son cimetière géant

Le déploiement et les premières manœuvres :

Les Prussiens choisirent d’attaquer et de se déployer en second, conformément aux tactiques de Frédéric II. Vos maréchaux commencèrent donc leur déploiement en utilisant au mieux les ressources de la route qui courrait le long de leur bord de table. Avançant rapidement au centre et sur la gauche, ils eurent plus de difficultés sur la droite, car le terrain y était moins facile, et parce que le général von Bitos ne put convenablement rameuter son monde. Je dois confesser à votre Altesse que c’est un général bien incapable, dont les fautes accablèrent vos maréchaux.

Figure 2 Arrivée des cavaliers autrichiens de la gauche sous les ordres de Lô von Garnier Figure 2 Arrivée des cavaliers autrichiens de la gauche sous les ordres de Lô von Garnier

Figure 3 : Arrivée des grenadiers du général von Bitos, protégés par les hussards de von Planois Figure 3 : Arrivée des grenadiers du général von Bitos, protégés par les hussards de von Planois

Quant aux Prussiens, ils se révélèrent très agressifs sur l’aile droite sous la direction de Bret von Zieten, le terrible hussard.

Figure 4 : Bret von Zieten lance ses troupes, sous le regard du roi de Prusse, posté sur la colline

Figure 5 : Les hussards et les dragons prussiens avancent

Figure 6 : Avance de l’aile droite prussienne vers le village, les Autrichiens affluent par la route

Figure 7 : Le fer de lance prussien à l’extrême droite : la brigade de cuirassiers. En tête le régiment n°8

Sur l’aile gauche, le général von Yannick avançait plus lentement mais méthodiquement.

Figure 8 : L’aile gauche prussienne, sous la direction de von Yannick. Au premier plan, le 11e de cuirassiers sur la colline.

Contraints de se déployer de manière savante, en anticipant le placement de leurs lignes, les généraux mirent deux tours avant de commencer à changer de formation. C’est alors que les premières ruses des adversaires se manifestèrent.

Figure 9 : Le maréchal von Planois envoie ses hussards escarmoucher en avant afin de menacer l’ennemi. Le général Yannick réagit en arrêtant ses mouvements et en déployant son 2e de cuirassiers en ligne.

Figure 10 : Bret von Zieten feinte en menaçant le centre gauche ennemi

Figure 11 Au bout de deux tours, les plans apparaissent. Chacun cherche à menacer le flanc gauche de l’autre.

La bataille

A ce moment de la bataille, le général en chef Lô von Garnier fut pris d’un doute affreux. Il s’inquiétait vivement de la lenteur avec laquelle ses brigades du centre droit (brigades C et D) avançaient et se mettaient en ligne. Pourtant il pensait avoir suivi le manuel tactique en utilisant la route et en intercalant bataillons d’infanterie et batterie pour limiter le nombre d’ordres à donner.

Figure 12 : L’infanterie autrichienne manoeuvre pour se mettre en ligne, sous les yeux du fameux général von Bitos

Mais Lô von Garnier observait avec angoisse les capacités de manœuvre de l’infanterie prussienne. Bien commandés, les fantassins du Grand Frédéric avançaient sans pénalité, sans souci de limiter les changements de direction. Les maréchaux von Garnier et von Planois eurent-ils le sombre pressentiment de leur défaite ? Ils n’étaient pas officiers à se retirer sans combattre, alors ils s’assirent et réfléchirent à leurs possibilités d’action.

Figure 13 : Les Autrichiens noyés dans le brouillard de leurs pensées profondes

Les Prussiens n’allaient pas leur laisser le temps de cogiter trop longtemps. Dès le 3e tour, le général von Yannick, à l’aile gauche, fit tirer son artillerie lourde sur les hussards hongrois en face de lui. Le premier sang appartenait aux troupes du roi de Prusse.

Je vis alors le maréchal von Planois troublé. Je craignais de lui donner un conseil qui se révélerait lourd de conséquences pour toute la bataille. Je me contentai donc de lui rappeler que, si son écran se retirait, ses grenadiers en colonne pourraient souffrir du feu ennemi. Le maréchal sembla comme sorti d’un rêve et réagit avec détermination en déployant son premier bataillon de grenadiers en ligne. Cette décision fut sans doute bonne et nécessaire à court terme, mais elle avait le défaut de ralentir la marche des colonnes qui suivaient derrière. Figure 14 : Le dispositif autrichien à l’aile droite au tour 3

Quant au Feldmarschall Lô von Garnier, il prit son air narquois et inspiré qui fait les délices de la cour de votre Majesté.

Il était persuadé de pouvoir frapper un grand coup. Les cuirassiers prussiens venaient de déboucher sur sa gauche, mais ils étaient encore disposés en échelon. Le maréchal songeait que l’occasion était propice pour une charge de toute sa cavalerie sur un ennemi en infériorité numérique. Néanmoins, le maréchal songeait aussi que la brigade de hussards et de dragons ennemis (3) risquait de le prendre de flanc.

Figure 15 : La brigade de cavalerie prussienne menace les Autrichiens s’ils tentent de charger sur leur gauche

Aussi le maréchal décida de n’utiliser que 3 de ses régiments de cavalerie (les cuirassiers et 2 dragons) pour bouter le premier régiment cuirassiers ennemis qu’il apercevait (en l’occurrence le 8e de cuirassiers, une troupe valeureuse certes mais moins dangereuse que la garde qui suivait derrière). J’eus cependant la douloureuse tâche de prévenir mon supérieur que ses dragons les plus en arrière (le régiment Saxe-Gotha) serait trop loin pour participer à la charge. Mal m’en prit, car je vis le visage du maréchal pâlir. Néanmoins sa résolution fut ferme, et il lança ses cavaliers. Les Prussiens ne s’affolèrent pas, et réussirent à contre-charger. Le choc fut terrible. Les cuirassiers prussiens durent tourner bride, désorganisés. Les cavaliers autrichiens devaient poursuive. Cette petite victoire les mettait en devoir de charger les cuirassiers de la garde prussienne qui arrivaient en renfort. Cette fois, ce fut aux dragons autrichiens de battre en retraite, tandis que les cuirassiers continuaient à rester aux prises.

Figure 16 Les charges de cavalerie. A gauche, le 8e de cuirassiers prussiens en retraite. Au centre, le combat des cuirassiers de la garde prussienne contre les cuirassiers autrichiens.

Lô von Garnier était furieux. Ses cavaliers avaient déçu ses attentes. Leurs épées avaient beau frappé sur les cuirasses des Prussiens comme des chaudronniers, les ennemis lui paraissaient invincibles. Etant proche de lui, son trop plein de bile m’échut, et il compara les cuirassiers prussiens à d’hypothétiques chimères (j’ai honte, je le confesse, mais j’étais suffisamment proche de lui pour entendre de sa bouche des mots aussi étranges que « Terminator », « Panzer », et « gros bill »). Tandis qu’au loin résonnait les cris annonçant l’arrivée du Général von Tuf (« Ein Prosit !, Ein Prosit ! »).

L’espoir du Feldmarschall Lô résidait dans sa dernière réserve de cavalerie : les dragons autrichiens (Saxe-Gotha). Cependant la garde prussienne à pied se rapprochait dangereusement.

Figure 17 : La réserve de cavalerie autrichienne : les dragons de Saxe-Gotha. Au 2e plan, la garde prussienne à pieds.

Lô von Garnier estima que tout pouvait être fini du côté des cavaliers avant qu’il puisse se retourner contre les fantassins prussiens. Il lança la charge et décida d’y joindre son général de corps d’armée. Il avait vu son général de brigade blessé et immobilisé, mais il songeait qu’il fallait tenter le tout pour le tout. Trompettes et tambours retentirent et je retins mon souffle. Le temps sembla se suspendre et s’attacher aux poussières de la galopade. Les épées luisaient et la terre résonnait.

La Garde prussienne est une terrible troupe, votre majesté, car elle réussit à contre-charger et à battre la charge de dragons plus nombreux. Cuirassiers et dragons se mêlèrent dans un même mouvement de panique. Le général de corps ne s’en tira que de justesse, sous les lazzis des Prussiens. Ce revers fut à peine compensé par la réussite de la contre charge des derniers dragons autrichiens contre les hussards prussiens, qui avait été déclenchée par le fougueux Bret von Zieten. L’aile gauche autrichienne était « en l’air », et la percée de l’infanterie prussienne ne pouvait qu’en être plus redoutable.

Figure 18 : La percée prussienne sur l’aile gauche autrichienne

Au centre, la situation restait stable. Le bouillant Bret von Zieten poussait ses troupes vers le village afin d’accroître la pression sur l’ennemi. Voulait-il vraiment prendre ce point fort du dispositif autrichien ? Toujours est-il que rien ne semblait l’effrayer, pas même le lugubre cimetière géant ou haute et sévère tour de l’église qui lui faisaient face. (Note : les villageois de Garmisch-Parten-Baden-Kirchen ont dû agrandir leur église, car leur spécialité de brasserie de bière, quoique conviviale, produit sur place des ravages et les enterrements ne désemplissent pas).

Figure 19 : L’avance des bataillons prussiens contre le village

Depuis plusieurs tours, les artilleries avaient échangé les tirs. L’attrition n’épargnait que les bataillons autrichiens dans le village. Bret von Zieten décida quand même de pousser ses grenadiers vers le village. Mais seul un bataillon d’infanterie put s’en approcher suffisamment. Une forte défense des autrichiens repoussa l’assaut. Bret von Zieten admit qu’il fallait reporter l’assaut. Sans doute le général von Tuf aurait poursuivi, tant son envie de déguster une bière au village se faisait entendre depuis le début de la bataille. Mais von Tuf était déjà très occupé par la coordination des opérations sur la gauche prussienne, depuis que le général von Yannick s’était retiré.

Sur la gauche prussienne (donc la droite des armées de votre majesté, votre altesse, dans sa sagesse, avait compris je suppose), le maréchal von Planois planifiait son attaque. Sa cavalerie subissait déjà le feu de l’artillerie ennemie, tandis qu’il se désespérait du soutien de l’improbable général von Bitos. Ses difficultés à transmettre les ordres à ses unités l’obligèrent à dissocier les unités de ses brigades. Et je puis certifier à votre majesté que c’est à son corps défendant que le Feldmarschallieutenant von Planois dût différer son offensive et immobiliser ses meilleures troupes.

Figure 20 : Le dispositif autrichien sur la droite se fige

Figure 21 : Les dragons autrichiens sous le feu de l’artillerie prussienne

Avec un pragmatisme tout protestant, nos ennemis décidèrent d’en profiter. Ils avaient remarqué que certaines des meilleures troupes du maréchal von Planois (les dragons du régiment de Ligne, les grenadiers) étaient en deuxième ligne. Aussi, le général von Tuf décida de frapper un grand coup avec tous ses cuirassiers avant que von Planois ne réagisse. Il chargea.

Les dragons autrichiens (régiment Althann en blanc) ne tinrent pas. Ils furent battus. Seuls vos hussards de Hongrie, votre Majesté, eurent une conduite héroïque en restant au combat. Le résultat recherché par le général von Tuf était atteint. Les dragons de Ligne, en réserve, étaient eux-mêmes désorganisés par le reflux des dragons Althann. Le maréchal von Planois accueillit la nouvelle avec flegme. Quant au maréchal Lô von Garnier, il y avait longtemps, je le crains, qu’il ne croyait plus que la cavalerie de votre majesté put résister à qui que ce fût.

Tandis que sur notre gauche, les réserves prussiennes s’élançaient à la curée pour tourner le village…

…je vis soudain le roi de Prusse, dressé sur son destrier blanc, contempler avec satisfaction le champ de bataille. Il semblait comme n’avoir jamais douté de sa victoire.

Et le plus frustrant était que nous avions le sentiment d’avoir toujours douté de nous-mêmes. La bataille s’était réglée par quelques manœuvres et le choc des cavaleries. C’est pourquoi le maréchal Lô von Zieten m’avisa de transmettre à votre majesté qu’il conviendrait de renforcer encore notre cavalerie, notamment par l’adjonction de davantage de cuirassiers. Je pense que votre majesté accèdera à cette demande.

Nous eûmes la douloureuse décision à prendre de faire retraiter nos troupes. Cruelle décision, puisque les fantassins de votre majesté tenaient encore solidement le centre et, pour beaucoup, n’avaient pas encore subi le feu.

Au final, nous eûmes : 3 drapeaux pris, 1 général de brigade et 1 général de corps capturés et 44 pertes. L’ennemi en eût sans doute presque deux fois moins de pertes.

Que votre majesté soit persuadée que sa déception aiguise chaque jour un peu plus l’envie de revanche de son armée.

Fait le 19 février 1757.


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