LES ARMÉES AU TEMPS DE LOUIS XIV Partie 2 : Les équipements

samedi 5 juillet 2008 par Stéphane

Dans ce chapitre nous allons voir les armes et l’équipement en usage durant la seconde moitié du XVIIème siècle. Une attention particulière sera portée aux développements et aux innovations qui affecterons les pratiques de la guerre et changerons les tactiques, la stratégie, les organisations et la guerre dans les années suivantes.

LA PIQUE

La pique était formait à partir d’une hampe de bois entre 12 et 16 mètres de long qui pesée près de 10 kg. Elle avait une lame d’acier aux côtés aplatis, entre 25 et 50 cm de long et se terminait en pointe. La pique était une arme peu maniable qui rendait toutes sortes de mouvements en unités formées difficiles et lents.

Durant la seconde moitié du XVIIème siècle la pique restait considérée comme essentielle pour la sauvegarde de l’infanterie face à la cavalerie. Peu à peu, cependant, le développement graduel de la puissance de feu de l’infanterie durant le XVIIème siècle modifia la tactique de l’infanterie et modifia le rapport entre les piquiers et les mousquetaires. En 1600 il y avait généralement cinq piquiers pour un mousquetaire, dans les années 1640, un piquier pour deux mousquetaires et dans les années 80 du XVIIème, probablement un piquier pour cinq mousquetaires. Cette modification de proportion à l’avantage des mousquetaires avait de multiples origines : D’une part les piquiers recevaient une solde supérieure à celle des mousquetaires, ce qui en accroissait le coût. On avait donc tendance à en limiter le nombre dans des armées aux effectifs toujours croissants. D’autre part, ces derniers s’équipèrent peu à peu d’une baïonnette à laquelle il fallu près d’un quart de siècle pour trouver sa forme optimale qui lui permit de se substituer à son avantage à la pique au tout début du XVIIIème siècle.

LE MOUSQUET

Avant 1690, le mousquet standard était à mèche. Il était plus léger que ses prédécesseurs et ne nécessitait plus l’emploi d’une fourquine pour le soutenir. Sa mise à feu se faisait par une mèche lente allumée puis abaissée sur la cuvette contenant la poudre d’amorçage au moyen d’une gâchette. Il restait une arme lente et imprécise avec une faible fiabilité. La mèche lente posait problème dans des conditions d’humidité, son utilisateur était une cible facile dans la nuit et l’entraînement, qui requérait quelques 44 mouvements pour recharger, était très lent. La fréquence de tir était probablement d’un coup à la minute. Il était efficace peut être jusqu’à 225 mètres, mais il était largement imprécis et sa portée opérationnelle n’était pas de plus d’une cinquantaine de mètres. Passer 1685 cependant, des mousquets plus efficaces devinrent disponibles. Ils substituaient la mèche lente par un dispositif agissant au moyen d’un silex frappant une plaque, causant une étincelle qui mettait le feu aux poudres. Ces armes, qui prirent le nom de fusils, étaient plus légères, plus fiables et plus facile d’emplois ne nécessitant que 26 mouvements pour recharger. En théorie, cela devait doubler la fréquence du tir. En même temps, le calibre était réduit et 16 balles étaient produites à partir d’une livre de plomb, parfois même 24. Cela était une grande économie par rapport au mousquet à mèche avec ses 12 balles par livre. Cette introduction, ou plus probablement, la conversion en fusil, fut lente. En Angleterre, les " North British Fusiliers " reçurent leurs nouvelles armes en 1678 mais à part les compagnies de grenadiers, il semble que les fusils ne furent pas généralement répandus avant 1685. En Irlande en 1690, la moitié des régiments en était dotée. Les Français introduire graduellement le fusil si bien qu’il y en avait huit par compagnie en 1687 et 21 par compagnie en 1692. La conversion complète ne fut pas achevée avant environs 1703. Néanmoins, durant toute la période qui nous concerne, il serait illusoire de penser qu’un seul type d’armement équipait les mousquetaires. Il est plus vraisemblable d’imaginer qu’une dizaine de type de mousquets pouvait être présente en même temps au sein d’une même armée voir d’un même régiment. Des armes qui pouvaient aussi bien être à mèche qu’à silex.

a - Platine à mèche b - Platine à miquelet (le mécanisme est à l’ extérieur) c - Platine à silex

LES MUNITIONS DES ARMES LÉGÈRES

Deux des 12 Apôtres

Avec les améliorations des armes vint celle des munitions, particulièrement la cartouche prè-empaquetée. Auparavant, les mousquetaires portaient une bandoulière par dessus leur épaule à laquelle étaient suspendu une douzaine de cartouche en bois, un sac de balles et une corne de poudre. Elle était souvent appelée " Les douze apôtres " en raison du nombre de cartouches. La bandoulière disparue graduellement entre les années 1670 et 1690. Elle fut remplacée par une giberne à cartouches qui contenait des paquets de papier gras contenant la bonne quantité de poudre et la balle. L’extrémité de la cartouche était arrachée avec les dents, la balle retenue dans la bouche et la poudre était renversée dans la gueule du canon. La balle était alors crachée dans le canon et le papier employé comme bourre. Comme d’autres développements le changement fut lent et apparemment pas complet dans l’armée française jusqu’en 1738.

LA BAÏONNETTE

La première baïonnette était dite à " bouchon " était en service dans toute l’ Europe durant la seconde moitié du XVIIème siècle. C’était une large dague avec un manche rond enrubanné qui était enfoncé dans la gueule du mousquet. La première apparition de cette arme est datée de 1647 et présageait la fin de la pique. Quelque soit les désavantages, que la baïonnette " bouchon " avait, et il y en avaient plusieurs, elle fournis au mousquetaire une pique rudimentaire. Il était par conséquent incapable de faire usage à la fois de sa capacité de tir et de se défendre efficacement lui même. Les désavantages de cette première baïonnette étaient particulièrement du à sa conception en bouchon. Ils impliquaient de la part du commandement des unités, un certain savoir faire qui ne devaient pas leur faire donner l’ordre de mettre la baïonnette au canon trop top afin de pouvoir encore bénéficier d’une puissance de feu. Néanmoins, comme son emboutissage prenait un certain temps, il devenait très risqué de l’ordonner au dernier moment : la mise en place durant l’action était si lente que si une volée était tiré à environs 60 pas, les ennemis étaient sur les tireurs avant que les baïonnettes pussent être fixées. Une fois fixées, il était virtuellement impossible de les retirer dans le feu de l’action pour reprendre le feu. La baïonnette à douille qui fit sa première apparition vers 1687, permit de résoudre ce problème mais ne fut suffisamment répandu qu’au moment de la guerre de succession d’ Espagne ou de la Grand Guerre du Nord (soit après 1700) pour avoir une influence dans les combats.

Baïonnettes XVIIème siècle : A Bouchon, à Anneau, à douille

LES ARMES DE CÔTÉ

Épées Diverses fin XVIIème siècle

En l’absence de baïonnette l’épée était le seul moyen de se défendre et restait l’arme de contact de l’infanterie. La présence de la baïonnette n’y changea rien pendant plusieurs années. Tous les soldats portaient une épée d’un genre ou d’un autre. Elles étaient généralement des armes parfaitement solides avec la garde et le pommeau en laiton, et des lames pouvant aller jusqu’à 80 cm. Elles variaient d’un pays à l’autre mais étaient rarement standards même dans une armée.

LES GRENADES

Les grenades datent du milieu du XVIIème siècle. C’était une coque de métal creuse remplit de poudre avec une mèche. Portait par les grenadiers, c’était une arme de corps à corps employée à travers toute l’Europe, mais qui, graduellement, ne fut plus qu’utilisée que lors des sièges. Les grenadiers étaient employées dans beaucoup d’armées à partir des années 1660 et, passé 1670, ils étaient fréquemment groupés dans une compagnie du régiment. Certaines nations constituaient une compagnie de grenadiers par bataillon et les regroupaient à l’occasion pour former des bataillons indépendant de grenadiers.

LES ARMURES

Dans le cas de l’infanterie, l’armure était encore probablement portée par les piquiers de la plupart des armées jusque dans les années 1690. Ils pouvaient certainement avoir des plastrons avant et arrière aussi bien que des morions ou des casques. En plus, ils pouvaient avoir des protections aux hanches et sur les cuisses ainsi que des gantelet métalliques. Ces protections disparurent avec eux et dans certains cas avant les piques.

Dans le cas de la cavalerie, les cavaliers portaient généralement des plastrons avants et arrières dessus ou dessous leur manteau bien que tous les régiments de cavalerie ne s’en équipaient pas. Les lourds casques avec des triple ou simple barres de fer en travers du visage disparurent graduellement au profit des chapeaux mous à larges bords renforcés par une croix métallique portait dessus ou dessous le chapeau. Au début du XVIIIème siècle, les cavaliers autrichiens et turcs étaient quasiment les seuls à employer encore le casque.

Casque de cuirassiers Bavarois ou Impérial


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