Prémisses de Silex & Baïonnette, par Thierry Melchior

mercredi 27 juin 2007 par Nicofig , Thierry Melchior

PRÉMISSES HISTORIQUES

Avant-propos

Les règles de jeu d’Histoire cherchent à simuler les combats qui se sont déroulés aux cours des siècles, en s’appuyant d’une part sur les données « techniques » disponibles pour chaque époque – notamment l’armement et sa mise en œuvre – et d’autre part sur la psychologie dite de l’« homme au combat ».

S’il n’est pas aisé de reproduire cette dernière, il est assez facile de trouver une documentation – surtout à partir de l’époque couverte par « Silex & Baïonnette » – permettant de dimensionner les différents éléments matériels du jeu en fonction de l’échelle de réduction choisie.

ORDRE SERRÉ ou non, RANGS ET FILES

Dès l’Antiquité, les unités des armées étatiques (impériales, royales ou républicaines) manœuvraient en ordre serré, c’est-à-dire épaule contre épaule, ceci aussi bien pour le soutien et la protection mutuelle que s’apportaient les soldats que pour l’effet moral d’une masse compacte avançant sur l’ennemi.

- Le front d’une unité en ordre serré, c’est-à-dire sa largeur, dépend du nombre d’hommes présents au premier rang de l’unité : un homme de front égale une file.
- Sa profondeur est fonction du nombre d’hommes présents dans la file : un homme dans la file égale un rang.

Très élevé jusqu’à la Renaissance, le nombre de rangs de soldats diminuera au fur et à mesure de l’amélioration des armes à feu pour arriver à trois voire deux rangs à la fin de l’époque napoléonienne.

En avant des unités en ordre serré, des troupes légères étaient envoyées pour harceler l’ennemi au tir (javelots, frondes, arcs). Ces troupes légères étaient en ordre dispersé ce qui leur donnait une grande liberté de mouvement pour tirer et surtout esquiver si nécessaire.

Cette organisation perdurera au cours des siècles jusqu’à la période qui nous intéresse ici et même un peu au-delà.

ÉVOLUTION DES ARMES À FEU

Les premières armes à feu étaient fixes et lentes à recharger, ne pouvant ni se sauver ni assurer leur défense entre deux tirs, les bombardes et autres canons étaient donc protégés par des unités d’infanterie ou de cavalerie.

L’avènement des armes à feu portatives encore lentes à recharger mais pouvant se déplacer entre deux tirs, entraîna la création d’unités mixtes composées pour partie d’hommes équipés d’armes à mèche, arquebuses puis mousquets, et pour l’autre partie de piquiers chargés de protéger les premiers pendant qu’ils rechargeaient leurs armes, notamment contre la cavalerie.

En 1620, un armurier français met au point la platine à silex qui se répandra partout après la guerre de Trente ans. Le silex, que les Italiens appellent « focile », donne son nom au mousquet transformé : le fusil.

Au milieu du XVIIe siècle, des paysans des environs de Bayonne emmanchent leurs couteaux de chasse dans le canon de leurs mousquets pour les transformer en lances, créant ainsi la baïonnette. En 1687, Vauban présente à Louvois un modèle de baïonnette à douille n’interdisant plus de tirer et recharger quand elle est fixée au canon. Les mousquets disparaissent en 1699 et les piques en 1703, les unités d’infanterie française sont dès lors constituées uniquement de fusiliers dont la rapidité de tir a été améliorée par l’adoption en 1702 d’une cartouche contenant une charge de poudre.

Le fusil à silex avec sa baïonnette à douille, régnera sur les champs de bataille jusqu’à l’apparition de la mise à feu par capsule au fulminate de mercure (1837 en France).

MANŒUVRER EN ORDRE SERRÉ

Le régiment du Roi fut créé en 1663 pour servir de modèle et diffuser un certain nombre d’enseignements. C’est à cette époque qu’est instauré en France le pas cadencé – le pas Louvois – pour maintenir les alignements et les distances entre les rangs.

Après Fontenoy, le maréchal de Saxe met en place le pas rythmé au tambour qui permet de conserver la cadence et l’allure de la progression au combat.

Les soldats apprennent donc à avancer mais aussi à changer de formation plus rapidement, ainsi une armée se met plus rapidement en « bataille » – c’est-à-dire en ligne, permettant aux généraux les plus habiles ou disposant de troupes mieux entraînées de surprendre l’adversaire.

Peu à peu, un règlement de manœuvre est mis en place par toutes les nations, souvent plus tôt chez certaines que chez d’autres, ce qui permettra par exemple à Frédéric II de Prusse d’employer avec succès l’attaque en oblique contre des armées au déploiement encore lent et quasi linéaire.

Les manœuvres de plus en plus complexes nécessitent de connaître précisément le front occupé par chaque unité – qu’elle soit en colonne ou en ligne, afin que la mise en ordre de bataille soit la plus rapide possible. Le nombre et l’effectif de sous-unités par bataillon et par escadron et le nombre de ceux-ci par régiment est donc réglementé.

COMPLÉMENT

La connaissance du front occupé par un fantassin – 0,50 à 0,51 mètre – ou un cheval – 0,85 à 0,89 mètre – dans le rang permet d’effectuer tous les calculs nécessaires à la modélisation en fonction de l’échelle choisie pour la règle de jeu.

Calcul d’échelle :

Si on reprend les données ci-dessus, douze soldats de front occupent : 50 cm x 12 = 600 cm. « Silex & Baïonnette » se joue avec des figurines de 15 ou 25 mm au choix. Le front d’une figurine équivaut à 12 soldats de front. En 15 mm, le socle d’un fantassin fait 10 mm de front, donc 1 mm égale 60 cm (600/10), arrondit à 65 cm soit un pas.

Calcul inverse :

À l’échelle : 1 cm égale 1250 cm, un socle de fantassin de 10 mm de front représentera 25 soldats (1250/50) de front ; ce qui veut dire que, s’il y a trois rangs, la figurine représentera 75 soldats (25 x 3) et non pas 40 !

À méditer par les créateurs de règle…


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